Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/05/2011

Jean d’Ormesson « C’est une chose étrange à la fin que le monde »

Roman commencé à Lyon et que je vais finir dans le Lubéron. Pour l’instant, j’ai parcouru la moitié de ce livre.
 
1ere phrase
Un beau matin de juillet, sous un soleil qui tapait fort, je me suis demandé d’où nous venions, où nous allions et ce que nous faisions sur cette Terre.
 
Pour une fois, je commence par la première phrase car elle se trouve expliquer le contenu de ce roman.
 
Dans la première partie, intitulée « Que la lumière soit ! », le rêve du Vieux (suivant votre inclinaison, vos croyances il aura un nom différent) et le fil du labyrinthe s’entrelace pour raconter la création du monde… ou du moins des versions évolutives de cette création. C’est assez fascinant. On y voit l’évolution du monde et la montée en puissance de la science qui peu à peu permet d’expliquer certains phénomènes. En parallèle le Vieux observe et commente. C’est un bon rappel de l’évolution des sciences et de la philosophie. C’est tendre et ironique. C’est bien écrit. Mais qui peut dire du mal du style d’Ormesson ? Néanmoins, c’est très occidentalisé, quid des autres visions du monde et de leurs connaissances scientifiques. C’est certes intéressant de revoir les différentes théories scientifiques et les doutes des hommes tels que Darwin. Mais est ce nécessaire pour la démonstration d’étaler les chiffres et les données, mais pourquoi ne pas parler de toutes les tracasseries subies par ces hommes de science du fait de la religion. Il y ait fait une vague mention des US mais c’est très rapide comparé à la définition d’une année lumière, de la vitesse de cette lumière (8 mn pour venir du soleil à la Terre)… Je regrette ce choix très politiquement correct. Je trouve que cela aurait donné plus de force à sa démonstration. Enfin voyons ce que nous réservent les autres partis avant de tirer une conclusion sur ce roman.
 
Quelques phrases de cette première partie.
 
D’où nous venons ? De très loin. Derrière moi ; il y avait des fleuves de sperme et de sang, des montagnes de cadavres, un rêve collectif et étrange qui trainait sous des cranes, dans des inscriptions sur des pierres ou du marbre, dans des livres, depuis peu dans des machines – et que nous appelons le passé. Et des torrents, des déserts, des océans d’oubli.
 
La science d’aujourd’hui détruit l’ignorance d’hier et elle fera figure d’ignorance au regard de la science de demain. Dans le cœurs des hommes, il y a un élan vers autre chose qu’un savoir qui ne suffira jamais à expliquer un monde dont la clé sécrète est ailleurs
.  
 
La seconde partie (pourquoi il y a-t-il quelque chose au lieu de rien ?) est dédiée à la genèse de ce livre. Il y est question de la nature du temps, de la mort, du mur de Planck (mini espace avant le big bang). L’auteur nous livre ses gouts, ses questionnements à l’origine de ce livre. Il nous fait part de ses doutes sur l’existence d’un dieu mais en même temps sur son espérance que peut être quelqu’un ou quelque chose existe car le monde en perdant la foi aurait aussi perdu l’espérance. C’est sans doute réducteur puisque l’auteur ne parle pas de l’impact des religions même s’il ne nie pas les aspects négatifs de ces religions. Il parle d’un point de vue macro et on peut être d’accord sur la disparition de l’espérance mais attendre un lendemain qui n’existe pas. Est-ce la seule solution ? Et puis si cela finit par signifier qu’il ne faut rien changer et tout subir…
 
In fine, un livre intéressant qui révèle beaucoup de l’auteur. C’est le livre d’un homme qui a été gâté par la vie. Peut être est ce aussi les questionnements d’un homme et de ses pensées à la fin d’une vie aisée. C’est un mélange de savoirs sur l’évolution de la science, de ses tâtonnements et de ses éclaircissements. Il y est aussi question de philosophie. Par contre je regrette que ce livre soit autant focalisé sur l’occident. Je trouve vraiment réducteur de ne voir le monde de ce seul coté.
 
Finalement quelques mots sur notre séjour, malgré quelques averses aujourd’hui, il a fait beau pendant notre séjour dans le Lubéron. Nous avons donc profité de ce séjour pour faire des balades et quelques visites de villages. Nous avons eu des grandes discussions et soirées avec nos amis… Et donc j’ai eu peu de temps pour lire. Ce livre d’Ormesson aura été le seul lu entièrement dans le Lubéron. J’avais pourtant amené deux autres romans. Mais c’est bien ainsi. A noter que ce séjour nous a permis de découvrir deux villages qui nous ont particulièrement plu : Menerbe et Lagnes.

14/05/2011

Réflexions.

Après avoir écrit et posté toutes ces notes qui correspondaient surtout à des lectures du mois d'avril, je m'aperçois qu'il est difficile d'être à jour de mes lectures. Soit j'ai beaucoup de retard sur mes notes, soit les écrire et les poster me prend du temps de lecture.... Mais si je fais le bilan de ces derniers mois, il est plaisant de passer du temps à rédiger ces notes mais aussi de les relire. Je pense également que cela affute mon sens critique et mes lectures car je sais que je devrais parler de ces livres, donc je fais d'avantage attention aux livres. Il m'arrive ensuite fréquemment d'aller sur le web pour voir ce que d'autres en ont pensé.

AUjourd'hui j'ai deux livres terminés qui attendent leurs notes :

- Pascal Quignard: "Tous les matins du monde"
- Carlos Liscano : "Souvenirs de la guerre récente".

Je ne sais trop quand j'aurai le temps de les rédiger mais en attendant dans les jours à venir des notes rédigées pendant nos vacances vont continuer à arriver. Dire que cela fait maintenant 2 semaines que nous sommes rentrés...

13/05/2011

"L'intrusion" de Adam Haslett

 Et de quatre…
 
Il me reste la dernière note. Note, écrite toujours en direct du Lubéron, où il fait vraiment bon vivre.
 
Que dire de ce roman ??? Je l’ai trouvé à la campagne, j’ai commencé à le lire. Je n’ai pas voulu l’abandonner mais bon franchement… vous pouvez vous en passer. C’est un roman que j’aurai oublié dans quelques semaines et si je ne rédigeais pas cette note, je pense que l’oubli serait déjà là.
 
Ce roman relate une partie de la vie de Doug. On le découvre en Irak. Militaire, il va assister / participer à un incident qui coutera la vie de centaines de passagers d’un avion. On le découvre ensuite haut responsable d’une banque qui a peu de scrupules. Chargé de missions spéciales, son rôle est de faire des montages financiers très border lines. Un de ses poulains va aller plus loin. La banque devrait s’effondrer mais comme il ne faudrait pas mettre le monde en danger, elle sera sauver in extremis alors que Doug se sauvera en fuyant. Dans ce livre, il est aussi question d’une femme noire, d’un drogué homosexuel, d’un homme de principes qui n’aura finalement pas le choix (ou du moins ne les assumera pas), de la mère de Doug, d’une femme qui mène une bataille perdue mais qui assume ses choix… Il y est question de classes sociales, d’éthique, les bons ne sont pas toujours là où on le pense et les méchants non plus… Il n’y a pas de rédemption
 
Bref écrit en 2009, il surfe sur la vague des « complots » et de la crise financière. C’est du Grisman ou du Le Carré en moins bon. J’ai vraiment lu de meilleurs romans ces derniers temps.
 
1ere phrase
Lors de leur deuxième nuit au port, à Bahreïn, un membre de l’état major de l’amiral décréta que l’équipage du Vincennes méritait au moins un paquet de cigarettes par personne.
 
 
Je suis passée à un roman d’une autre trempe. Mais peut-on vraiment comparé ? Il s’agit de Jean d’Ormesson « C’est une chose étrange à la fin que le monde »
 
 
 

12/05/2011

"Sur la paupière de mon père" de Sjon.

 Et de trois… toujours en direct de ma terrasse du Lubéron, où le soleil darde ses rayons.
 
Il me reste 2 notes à rédiger… passons un peu de temps en Scandinavie.
 
Sur la paupière de mon père de Sjon. Histoire d’un crime
 
Comme vous l’avez sans doute compris si vous avez lu quelques notes de ce blog, j’ai passé du temps en Norvège et j’aime le monde de la littérature scandinave car il est dépaysant et dévoile un monde imaginaire qui me plait. Ces derniers temps, j’ai beaucoup aimé deux romans Islandais « Entre ciel et terre » et « Rosa Candida ».
 
Aussi ce nouveau roman Islandais m’avait attiré à la bibliothèque. J’avoue que sa lecture m’a interloquée mais je n’ai pas été transportée comme par les deux que je viens de citer. Pourtant il est définitivement Scandinave dans le sens où il n’a ni queue, ni tête et beaucoup d’imagination.
 
Résumer ce livre me parait difficile, voire impossible. Cela commence comme la narration du début non pas du monde mais de l’Islande ; il y est question de géant destructeur, de coq, de folie… Ensuite alterne le récit d’un homme (un juif déporté) qui arrive en Islande et qui fait tout pour s’intégrer dans cette société. Cet homme va rencontrer des personnages très atypiques : un russe, doté d’un membre très différent ; un Noir, espion ; des jumeaux nazis. Cet homme a un secret ; il est chargé d’un enfant qu’il doit mettre au monde grâce à l’alchimie.

Il y a des odeurs de saga scandinave. Je ne suis pas sure d’avoir percé tous les mystères de ce livre. En tout cas, il est très différent de ce que j’ai l’habitude de lire et bien plus déjanté encore que les Paasilina et Murakami que je connais. De retour à Lyon, j’irai voir les avis d’autres lecteurs, je les trouve parfois très éclairants. Si cela devait être le cas, alors je viendrais compléter cette note. En tout cas contrairement aux deux autres auteurs Islandais que j’ai découvert et mentionné au début de cette noté, je n’ai pas envie particulièrement de lire un nouveau livre de Sjon…
 
1ère phrase
Il était une fois un berserkur, aussi appelé guerrier fauve, de si méchante nature qu’il ne supportait nulle créature vivant aux alentours.  
 
 
 
 
 
 
 
 
 

11/05/2011

"Les sortilèges du Cap Cod" de Richard Russo

 
 Et de deux… toujours en direct de ma terrasse du Lubéron, où le soleil pointe son nez. Lorsque toutes ces notes seront en ligne, je serai de retour sur Lyon puisque je n’ai pas le wifi ici. Cela me fait d’ailleurs beaucoup de bien puisque j’évite de passer des heures sur internet.
 
Il me reste 3 notes à rédiger… commençons Russo.
 
Les sortilèges du Cap Cod de Richard Russo. Dans les AIR 2011, cela fait parti des livres à lire, tout comme Necropolis, naissance d’un pont et Rosa Candida. Je m’y suis donc pliée avec plaisir. J’avais déjà lu un recueil de nouvelles de cet auteur, c’est ici… Son roman présente certaines caractéristiques de ses nouvelles. Il y est question de l’enfance, des relations parents / enfants, des affres d’un homme autour de la quarantaine, de professeur de littérature. On y retrouve la même écriture. Ce n’est pas désagréable mais cela sent la recette bien maitrisée… Il n’y a pas de vraies surprises pourtant l’idée est bonne.
 
Un homme marié depuis plus de trente ans se rend au mariage d’une amie de sa fille au Cap Cod. Il transporte dans le coffre de sa voiture les cendres de son père. Pendant ce voyage et ce mariage il va faire le bilan de sa vie conjugale et se remémorer son enfance ainsi que le mariage / divorce de ses parents où le Cap Cod joue un rôle déterminant. Est il heureux, malheureux, il ne le sait pas lui-même ? Il semble mettre tous les problèmes sur le fait que la famille de sa femme ait été envahissante ou pour le moins ait influencé sa vie maritale. Mais sa propre famille l’envahit d’une autre façon, plus insidieuse… Son enfance remplit des pages. Il est la recherche d’une autre vie possible s’il avait fait d’autres choix… Il retrouve sa femme pour finalement une dispute qui va mener à leur séparation. On les retrouve un an plus tard, c’est le mariage de leur fille. La mère de Jack (sa seule famille) est morte, ses cendres comme celles de son père sont dans le coffre de la voiture. Les retrouvailles de la famille de son ex femme sont à la fois explosives, hilarantes mais aussi douces amères.
 
C’est un livre sur les choix, sur les possibles, sur l’impact parental, sur les préjugés, sur le cynisme. Comme Kertez (toutes proportions gardées) on sent l’influence de la vie de l’auteur sur son œuvre… Il y a un petit coté à la fois egocentrique et exhibitionniste. Un peu à la Emmanuel Carrère (cela convient mieux que Kertez) mais avec plus d’humour de d’auto dérision que Carrère.
 
1ere phrase
Le réveil trônant sur la table de nuit de sa chambre d’hôtel n’affichait que 5 :17 et pourtant Jack Griffin, tout à coup parfaitement réveillé, comprit qu’il n’arriverait pas à se rendormir.

10/05/2011

Dossier K de Imre Kertesz

Voici quelques notes rédigées il y a une dizaine de jours. Diantre le temps passe vite, trop vite.

Pendant ces vacances j'ai fini plusieurs livres et j'ai surtout rédigé mes notes de retard. Voici donc un arrière gout de vacances...
 
Je les mettrai en ligne à notre retour de vacances. Et oui, nous voilà pour une semaine dans une fort belle région : le Lubéron. Le temps était gris ce matin mais maintenant cela va mieux. Notre puce se repose après une journée très active. Hier nous avons fait un tour à Bonnieux, aujourd’hui Robion, demain une rando est prévue à l’Isle sur Sorgue. Mais revenons à ces livres… Par lequel commencer ? J’avoue que j’ai lu certains il y a déjà quelques temps et ma mémoire peut me faire défaut.
 
Commençons par « Dossier K » de Imre Kertesz avec Zoltan Hafner. Pour une fois, ce n’est pas un roman mais un livre interview.
 
Kertesz est un auteur hongrois que j’ai découvert dans les premiers kilomètres de mon marathon littéraire des prix Nobel. « Etre sans destin » m’avait interpellé. J’ai lu beaucoup de livres sur la seconde guerre mondiale. Mais celui là reste un de mes favoris. Cet auteur hongrois y décrit la capture, l’internement dans un camp de concentration et enfin le retour dans sa ville natale du point de vue d’un adolescent… mais surtout tel qu’il semble le vivre et pas comme une réminiscence. Il y a des moments drôles, inattendus... Kertesz a vécu une telle expérience mais il insiste que c’est un roman et non pas une autobiographie.
 
Ce « dossier K » est justement l’occasion d’expliquer en quoi c’est un roman. J’ai trouvé ce petit livre très éclairant. Tout au long Kertesz explique qu'écrire ses livres, sur son expérience à été libérateur, voire même salvateur pour lui. Mais il démontre aussi que vivre dans une dictature (la Hongrie après la guerre…) lui a permis de comprendre comment fonctionnait ce système concentrationnaire. C’est un livre dense, à découvrir. Il m’a donné envie de lire d’autres œuvres de Kertez telles que « Le refus » ou « Kaddish pour un enfant qui ne naitra pas »
 
1ere phrase :
Voilà ce que tu écris dans le refus « A l’âge de quatorze ans et demi, j’ai regardé en face pendant presque une demi heure le canon d’une mitrailleuse chargée. »
 

09/05/2011

"Le spirite mélancolique" de Antonio Soler

Maintenant c'est moi.

Voilà une première phrase percutante...

Comment raconter ce livre? C'est un défi. L'action se passe en Espagne à Malaga. Il y est question d'un crime mais aussi de la guerre 30 ans plus tôt. Entre les deux, un homme qui reconnait dans la personne assassinée, l'enfant d'une femme qu'il a aimé pendant cette guerre. Cet homme, un journaliste va se mettre à la recherche de son passé, de ce qu'il est devenu de lui, de l'assassin.

D'autres destins traversent sa vie. Il y est question d'adolescences et de vies difficiles.

Alors qu'il y a deux personnages centraux, les personnages secondaires sont multiples. Les aller retours tant dans le temps qu'entre les deux personnages centraux sont nombreux et parfois très rapides. Cela rend la lecture difficile. Je ne sais si c'est du au fait qu'il s'agisse d'une version non corrigée. Peut être que la version finale est plus explicite. En tout cas, j'ai eu du mal à rester dans ce livre. Il m'a fallut du temps pour le finir alors qu'il fait moins de 300 pages.

C'est un style qui peut être frappant. On sent la lourdeur de l'Espagne Franquiste. Même si il n'est jamais question directement ou explicitement de cette période. J'ai trouvé l'atmosphère pesante. L'auteur sait y faire avec les mots.



... Je voulais que la guerre ne finisse jamais, Cravate. Je n'ai jamais été aussi vivant. Et il me semble que ce qui est arrivé ensuite n'a pas d'importance, comme si j'étais mort là-bas, avec ces hommes que j'ai vu se perdre dans le bouillard ce jour là, et que tout ce qui a suivi n'est que du remplissage, de l'attente. Comme si j'étais un de ces épouvantails qu'on met dans les champs, bourré d'étoupe...