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10/07/2011

So long Luise de Céline Minard

Un livre lu dans le cadre du prix roman FNAC

 

Je pense que j’aurais dû abandonner ce livre dès la première phrase.

 

« J’ai choisi cet hôtel pour la multitude de libellules déprimées qui baguenaudent autour des piliers entre les roseaux – bleu Porshe, ahanant du coffre avec une pulsation de métronome, pour ses trompettes aussi, qui poussent en paillasse dans les bois, pour le blé à tige bleue, à tête d’or, qui nappe la colline au loin jusqu’aux premiers jours d’aout, et parce que j’apprécie, quand j’arrive à faire les six cent pas quotidiens qui me sont prescrits, de croiser un tapis de cinq fleurs de petits liseron posé sur un bout de ravine sèche à coté d’une merde fraiche. »

 

Pour l’instant je n’accroche pas du tout au style de C. Minard.

 

Quelle lourdeur. Les phrases sont longues (mais pas toujours), parsemées de mots d’Anglais, (que je comprends mais quid du lecteur lambda français ?)

 

J’ai parcouru 50 pages et j’ai encore du mal à comprendre qui est qui dans cette histoire…

 

Bon il m’en reste 150 pour comprendre. La narratrice, écrivain, semble être à la veille de mourir et raconte les choix de son testament ainsi que ses souvenirs. Il est question de pêche, de sexe, et d’une certaine Luise. J’avoue que j’ai également du mal à savoir si cette narratrice est un homme ou une femme. C’est sans doute dû à la version non corrigée du livre qui contient des coquilles et où les adjectifs / participes sont parfois accordés pour une femme, parfois pour un homme ou bien est-ce une ambigüité de plus de l’auteur ? Je pencherais néanmoins pour une femme.

 

Ayant fini ce livre depuis quelques semaines, je reprends mes notes… et quoi dire de plus… Les 100 dernières pages sont plus fluides, plus aisées à comprendre. Il y est question d’esprits, de contes scandinaves, germaniques…


L’auteur fait preuve de beaucoup d’érudition, trop ? En tout cas elle risque fort de perdre ses lecteurs.


Personnellement je n’ai pas envie de continuer à lire Mme Minard

Merci quand même à la Fnac et à Denoel.

09/07/2011

Le lecteur inconstant suivi de vie du corbeau blanc

Dans le cadre du prix du roman de la Fnac, j’ai reçu le dernier ouvrage de Liscano. J’ai déjà parlé de cet auteur ici.

 

Ce livre est composé de deux parties. J’ai beaucoup aimé la première tandis que la suivante m’a laissée indifférente. La première partie est une sorte de genèse de comment cet homme est devenu écrivain et comment l’écriture lui a la fois sauvé la vie et en même temps l’a transformé voire même paradoxalement emprisonné…  Bien que cela ne soit pas toujours simple à suivre, j’ai trouvé cette « confession » assez extraordinaire. L’auteur décrit comment la certitude d’être un écrivain (alors que ce n’était ni son métier, ni son rêve) lui a permis de devenir un autre et donc d’échapper à sa condition de prisonnier. C’est très beau, très humble, … bref à lire

 

La deuxième partie « Le corbeau blanc » est un conte qui bien entendu fait référence à la vie de l’auteur qui toute sa vie post prison se sentira différent, marqué, … Ce sont des exercices de style  pour rendre hommage à de grands auteurs et j’avoue que cela n’a pas très bien marché sur moi. Je comprends (en partie) l’allégorie et l’aspect symbolique mais je ne marche pas.

 

En conclusion, ce n’est pas le roman de l’été que je choisirais mais la première partie est vraiment à découvrir pour qui aime la littérature et vaut comprendre la naissance d’un écrivain. Si vous aimez Kertesz alors vous devez lire la première partie, ces deux auteurs ont des expériences similaires d’écriture toute à la fois salvatrice mais aussi asservissante. 

 

Merci encore à La Fnac mais aussi aux Editions Belfond

1ère phrase: " il y a entre lui et moi un dialogue qui se répète."

08/07/2011

Nuits de Fourviere

Il y a deux ans, j'assistais à la flute enchantée. L'an dernier à songes d'une nuit d'été. Ce soir ce sera Carmina Burana....

Et oui une fois par an on va aux nuits de Fourviére. Espérons que la pluie ne sera pas de la partie comme hier...

21:52 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2)

07/07/2011

La femme du Tigre de Tea Obreht

Dans le cadre du prix roman FNAC, j’ai reçu ce livre. Après « Venir au monde » de Mazzantini, c’est le second livre qui se passe en Ex Yougoslavie en partie pendant la guerre. C’est une première œuvre pour une écrivaine de 25 ans… C’est un très bon premier livre.

 

J’ai aimé cette histoire rocambolesque qui mêle le folklore, les mythes à une réalité difficile. Racontée par la voix de Natalia, jeune doctoresse, l’histoire se partage entre le passé et le présent, l’enfance et la jeune adulte. Natalia part vacciner des orphelins dans une partie des Balkans détruite par les forces Serbes. Elle-même Serbe, elle apprend que son grand père vient de décéder dans un village inconnu. Elle part alors à la recherche de son passé et de ses racines. Elle raconte son grand père, son histoire. On découvre un homme immortel, un tigre et sa femme, un homme ours, un village ravagé par les ragots et la violence quotidienne. A cela se mélange, la vie dans ces pays Balkans ravagés par la guerre. On découvre que même au début du vingt et unième siècle (même ou surtout ?) le folklore, la superstition jouent un double rôle: à la fois destructeur mais aussi une aide à la vie / à la survie quand le monde s’effondre.

 

C’est une écriture étonnante. Ce roman m’a rappelé ce film de Kusturica vu à Oslo où je ne comprenais pas les paroles (Serbe sous titré en Suédois, cela dépassait mes compétences) mais où j’ai apprécié les couleurs, les sons, l’atmosphère d’une façon très personnelle. Dans La femme du tigre, il y a ce même genre de scènes très vivantes, très décalée (le zoo, le passage en douane, les vignobles, …)

 

Même si ce livre n’est pas sans défaut… la fin, en particulier, m’a interloquée et m’a parue un peu bâclée, dans tous les cas, je l’ai lu avec grand plaisir et je vous le recommande. J’ai hâte également de voir comment va évoluer l’écriture de cette écrivaine d’origine Serbe. 

 

Merci à la FNAC et à Calmann Levy.

1ère phrase : "Dans mon plus lointain souvenir, mon grand père, chauve comme un caillou, m'emmène voir les tigres."

06/07/2011

Le Héron de Guernica de Antoine Choplin

Un livre lu dans le cadre du prix roman FNAC

 

L’art et la vie ou plutôt dans la vie.

 

Basilio est un jeune Espagnol un peu naïf. Il est amoureux de Celestina. Il travaille dans une ferme et pendant ses loisirs, il peint. Oui mais voilà, il ne peint pas n’importe pas quoi, ni n’importe où. Il peint exclusivement des hérons dont il s’acharne à reproduire l’essence plus que l’apparence. Et ces hérons, ils sont à Guernica. Alors lorsque le monde s’écroule à Guernica et bien Basilio est en première ligne. Il s’ensuit toute une description de ses événements et surtout de la réaction de Basilio face à l’indicible et à la douleur…. En introduction et en conclusion, il est question de l’œuvre Guernica et de la volonté de communiquer avec Picasso puisque Basilio est chargé de le rencontrer… Mais l’art peut il montrer l’invisible, peut il dire l’indicible ? Là est toute la question.

 

C’est un jolie livre, avec une écriture précise, délicate. Mais en fait plus que l’écriture j’ai beaucoup aimé ce personnage que j’ai trouvé touchant et très attachant. Il arrive à partager son amour des détails, son regard d’artiste (la photo de la bicyclette plus forte que celle des avions), sa « naïveté » synonyme de pureté.

 

Je suis particulièrement sensible à ce texte puisque fan de Peinture : Guernica est LE tableau qui m’a le plus touché. Tout en nuance de gris, de blanc, de noir, la souffrance vous gifle, les cris vous les entendez dans ce musée de Madrid, limite vous sentez les odeurs… Bien que je ne sois pas fan de Picasso, Guernica est à part pour moi.

 

Bref vous l’avez compris, je vous recommande ce petit livre intime. Entre « la femme du Tigre » et « le héron de Guernica »… il me parait difficile de choisir, ce sont deux livres très différents. Ils ne s’adressent pas aux mêmes lecteurs. Il me semble que « la femme du Tigre », plus flamboyant a un cercle plus élargi. Et puis ce livre dispose d’une telle couverture médiatique dans le monde anglo saxon qu’il ne joue pas dans la même division que le « héron de Guernica ».

 

Merci à la Fnac et à Rouergue.

1ère phrase : "La veille, après avoir quitté la gare, Basilio s'était aventuré au hasard parmi les rues."

05/07/2011

La bicyclette de Rosetta Loy

Je suis passée complètement à coté de ce livre.

 

Je l’ai trouvé difficile à assimiler.

 

C’est une atmosphère lourde, même les pages sont compactes. Les phrases se suivent, il n’y a que peu de respiration. C’est la première fois où je perçois un tel effet de la mise en page et de la ponctuation. Si c’était voulu et bien c’est très réussi.

 

L’histoire ? Celle d’une famille bourgeoise Italienne pendant et après la seconde guerre mondiale. Un focus sur les adolescents et la mère. Des personnages assez peu sympathiques, tout occupés à leurs petites vies alors que la grande Histoire écrase, meurtrie, tue… Des adolescents qui ont des caractères distincts mais que l’on retrouvera avec leurs faiblesses à l’âge adulte.

 

En lisant les divers critiques sur internet, je me rends compte à quel point je n’ai pas vu les choses de la même façon. Peut être me faut il lire une autre œuvre ?

 

1ere phrase: Ils s'asseyaient autour de la table.

 

 

04/07/2011

Les Vieux Fous de Mathieux Belezi

Je remercie Libfly et le Furet du Nord pour les deux livres qu’ils m’ont adressés dans le cadre de la rentrée littéraire. Vous pouvez retrouver en ligne: www.libfly.com

 

Il s’agit de « Avant de disparaitre » de Xabi Molia et « Les Vieux Fous » de Mathieu Belezi.

 

Ce sont deux livres très différents, puisque l’un est un roman d’anticipation et l’autre parle de l’Algérie Française. J'ai parlé du premier hier, voici donc le second.

 

 

 

Autant vous le dire tout de suite, c’est un livre dont j’ai failli abandonner la lecture une dizaine de fois. Si je ne l’avais pas reçu dans le cadre de la rentrée littéraire, j’aurais laissé tomber dès la page trente. Imaginez des horreurs, des meurtres, des scènes de torture, de viols pendant des pages et des pages. Et quand vous pensez que c’est fini et bien cela recommence. Et bien c’est cela les Vieux Fous. Je n’ai rien à reprocher au style de M. Belezi, il est bon mais le racisme, l’antisémitisme, le fascisme de son personnage Albert Vandel m’ont vraiment dégouté.

 

 

 

Je comprends l’intention et la volonté de dénoncer le colonialisme et ses excès, ses horreurs mais je trouve qu’il y a des romans qui sont plus réussis que celui là. Par exemple "les racines du Ciel" sont à citer même si ce n’est pas exactement la même approche. Ayant enfin tourné la dernière page de ce roman, je me demande ce qui fait la différence avec "les Bienveillantes" qui sont une meilleure démonstration que l’on peut écrire pour dénoncer en prenant le point de vue du tortionnaire. Mais peut être ai je tort.

 

 

 

1ere phrase : « JE PEUX VOUS LE DIRE, ils ne m’auront pas. »

 

 

En conclusion, un livre à ne pas mettre entre toutes les mains, âmes sensibles s’abstenir.

 

Merci encore à Libfly, au Furet du Nord et à Flammarion.