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18/03/2011

Japon : une initiative superbe

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N'ayant ni le style, ni les mots pour dire ma peine, je voulais partager avec vous ces dessins et ce projet car finalement peu importe la forme, ce qui compte est le résultat.

Je pense que nous allons acquérir un de ces dessins si cela est possible.


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Et vous, est ce que vous aimez? est ce que l'on peut sourire? Je ne sais pas vraiment...

Ces gens sont si stoïques; c'est impressionnant, je ne pense pas avoir la même force de caractère.

Donc voici le blog dont sont tirès tous ces dessins, on pourra acheter un livre ou participer aux enchères.

http://cfsl.net/tsunami/


L'horizon de Patrick Modiano

Pour mon RDV des grandes lectrices du mois de mars, nous avons fixé comme lecture « Rosa Candida » et « L’horizon ». Je suis sure que nous parlerons également de « Pierre de patience » car nous l’avons toutes lu et il nous a marqué. Mais revenons à l’horizon.
 
J’ai lu ses 172 pages d’une traite dans l’avion qui m’emmenait à Madrid.
 
Sa première phrase : « Depuis quelques temps Bosmans pensait à certains épisodes de sa jeunesse, des épisodes sans suite, coupés net, des visages sans noms, des rencontres furtives. »
 
J’avoue être un peu perplexe. J’ai l’impression d’une histoire inachevée. Ces personnages, découvert petit à petit, j’aurais aimé en savoir plus sur certains d’entre eux.
 
L’action semble se passer alors que le narrateur à 60 ans. Cet homme a des flashbacks, des bribes de souvenirs qui lui reviennent en mémoire, datant de ses 20 ans vers 1968 (les CRS, les étudiants, l’Algérie? On n’en saura pas plus). Une certaine Margaret le hante, elle est au centre de ces souvenirs. Au départ, elle semble avoir disparu de façon tragique, mais au fur et à mesure du livre, les personnes évoquées que l’on croyait disparues vont réapparaitre … avec 40 ans de plus. Le narrateur est poursuivi par ses fantômes et racontent ceux de Margaret. Puis c’est le tour de Margaret de nous parler, mais cela n’éclaircit pas vraiment les événements.
 
Il semble que ces deux personnages aient été élevés dans des familles dysfonctionnelles. Ils sont peu surs d’eux. Ils se sentent poursuivis. On ne sait où commence la réalité des menaces et les fantasmes. La femme déménage et coupe les ponts régulièrement, harcelée par un homme qui semble dangereux mais est-ce la seule source de ses tourments. Que s’est il passé pour sa mère française, qui lui donne naissance au lendemain de la seconde guerre mondiale dans Berlin détruit? Qu’a fait Margaret pour avoir peur de la police ? Que sont ces agences intérimaires pour lesquelles travaille Margaret, qui servent de sous traitant à la police ? Pourquoi se fait-elle renvoyer par les Fernes ? Ont-ils découvert quelque chose de son passé ? Pourquoi le Dr Poutrel et Yvonne Gaucher sont ils arrêtés par la police ? Qui est ce Mr Bagherian ? Et surtout pourquoi Margaret disparait elle et ne donne plus signe de vie à Bosmans ??
 
Autant de questions sans réponses. Peut être mes amies grandes lectrices pourront me donner des pistes…
 
En tout cas arrivée à l’hôtel, j’ai relu la moitié de ce livre pour essayer de trouver des réponses à mes questions. J’étais en effet persuadée que ma lecture rapide (trop sans doute) avait laissé échapper des indices.
 
Ce livre semble insister sur les possibles de la vie, sur les gens que l’on croise une fois ou plus, sur ces destins que l’on ne connait pas et sur les possibles que l’on ne connaitra pas non plus.
 
Quelques phrases sélectionnées :
 
- Le présent est toujours plein d’incertitudes, hein ? Vous vous demandez avec angoisse ce que va être le futur, hein ? Et puis le temps passe et ce futur devient le passé, hein ?
- Ces fragments de souvenirs correspondaient aux années où votre vie est semée de carrefours, et autant d’allées s’ouvrent devant vous que vous avez l’embarras du choix. Les mots dont il remplissait son carnet évoquaient pour lui l’article concernant la « matière sombre » qu’il avait envoyé à une revue d’astronomie. Derrière les événements précis et les visages familiers, il sentait bien tout ce qui était devenu une matière sombre : brèves rencontres, rendez vous manqués, lettres perdues, prénoms et numéro de téléphone figurant dans un ancien agenda et que vous avez oubliés, et celles et ceux que vous avez croisés sans même le savoir. Comme en astronomie, cette matière sombre était plus vaste que la partie visible de votre vie. Elle est infinie. Et lui, il répertoriait dans son carnet quelques faibles scintillements au fond de cette obscurité. Si faible, ces scintillements, qu’il fermait les yeux et se concentrait, à la recherche d’un détail évocateur lui permettant de reconstituer l’ensemble, mais il n’y avait pas d’ensemble, rien que des fragments, des poussières d’étoiles… »
 
- Le printemps de l’hiver

 
Modiano réussit parfaitement à illustrer la sensation du temps qui passe, des possibles qui peu à peu disparaissent, ou laissent place à d’autres options…
 
L’horizon : c’est l’avenir.
 
Il me semble que l’auteur nous fait part de son expérience du temps qui passe. Cela ne m’étonnerait pas si Modiano allait vers ses 50 ans.  Son style est léger, il vous entraine dans son histoire.
 
J’ai décidé de lire un autre de ses livres pour voir si je retrouve ce style et quels sont les autres thèmes qu’il traite. Car en fait je ne sais toujours pas si j’aime ou pas Modiano…
 

14/03/2011

"Les saisons de Giacomo" de Mario Rigoni Stern

Et voilà j’ai fini « les saisons de Giacomo » de Mario Rigoni Stern.

C’est un livre surprenant.

Stern est comparé dans la présentation du livre à Primo Levi et Italo Calvino… Adorant Calvino et aillant été très émue par « Si c’est un homme », j’avoue être restée un peu sur ma faim car avec de telles comparaisons, je m’attendais à autre chose mais c’est le seul bémol.

L’entre deux guerre en Italie dans une région montagneuse à la frontière de l’Autriche, on découvre le quotidien de Giacomo, sa famille, ses amis. Un univers où la misère est très présente. Giacomo et sa famille survivent grâce à la récupération de métaux trouvés dans les champs de bataille lorsque la neige ne recouvre pas tout. Son père, qui a fait la guerre lui apprend les rudiments du métier. Il lui explique également les mouvements des différentes divisions et lui montre toute la futilité de ces guerres. L’hiver, ce père émigre d’abord en France, puis en Suisse, et enfin en Afrique. Les femmes et Giacomo restent au village. Peu à peu le fascisme prend une place de plus en plus importante dans la vie du village et dans la vie des gens. Implications qui ne sont pas toujours visibles ni vraiment comprises… Et puis arrive la seconde guerre mondiale.

Un livre qui raconte la vie campagnarde. Un livre qui décrit d’une façon simple une tranche de vie, une époque révolue, sans être gnian-gnian. Un livre qui n’embellit pas la misère mais qui ne méprise pas les gens concernés. Une écriture simple, peut-être un peu datée, qui montre la misère sans la caricaturée. C’est un livre qui m’a beaucoup appris sur l’histoire de l’Italie de l’entre deux guerre avec la montée du Duce. Une époque où les informations circulaient lentement, où la religion jouaient un rôle important même si il est peu décrit (la foire de la St Mathieu).  

Dès la seconde page, cette phrase m’a beaucoup plu : « Le silence et la pénombre étaient remplis de souvenirs qui semblaient demander la parole. »

Un grand merci à blog-o-book qui m'a permis de découvrir cet auteur.